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Fondateurs

Saint Jean-Eudes (1601-1680)

La société du 17ème siècle – le Grand Siècle – est hiérarchisée, marquée par de graves inégalités. Dans l’Eglise, qui connait une réelle détresse morale et spirituelle, se lèvent de grands croyants, hommes et femmes, qui s’engagent fortement dans la ré-évangélisation de la France ; au nom de leur foi, ils refusent le sort fait à certaines catégories de population. Jean Eudes, prêtre normand, est l’un des artisans de ce renouveau chrétien. A 22 ans, il avait rejoint à Paris le Cardinal de Bérulle, fondateur de l’Oratoire. Missionnaire, il parcourt surtout l’ouest de la France en prêchant des Missions[1] d’évangélisation. Il crée des Séminaires pour former les prêtres, il fonde deux nouvelles congrégations, il prend la défense des « indéfendus[2] ».

Au cours de ses missions, il rencontre notamment des femmes abandonnées à elles-mêmes et marginalisées. Afin de répondre à leur demande d’aide, il ouvre une Maison de Refuge à Caen en 1641. Pour les accueillir et les accompagner, il crée la congrégation de N.D. de Charité et donne aux Sœurs une spiritualité forte insistant sur la grandeur de leur mission. En 1643, il quitte l’Oratoire pour fonder la société de Jésus et Marie, qu’on appelle aujourd’hui couramment les Eudistes. Il sera canonisé en 1925.

 

Saint Jean-Eudes appartient à un courant spirituel important, issu de Pierre de Bérulle, qu’on a coutume d’appeler « École française de spiritualité[3] ». Les grandes lignes de sa spiritualité s’organisent autour d’une conscience vive de la grandeur de Dieu face à la vulnérabilité de l’homme. Ce Dieu si puissant vient à la rencontre de l’homme, il se met, en quelque sorte, à son niveau en devenant homme en Jésus. Non seulement il devient homme, mais il donne à l’humanité d’entrer dans sa vie divine. « Dieu, en Jésus, crée un lien si fort avec l’humanité que rien ne pourra le défaire[4]. » D’où l’importance de l’incarnation, du baptême, le sens de l’Eglise et la nécessité de l’engagement apostolique. Toute vie chrétienne doit être participation à la vie de Jésus, le Christ. L’attitude spirituelle fondamentale, valable pour tout chrétien, est de chercher à « adhérer à Jésus ».

L’intuition particulière de Jean Eudes dans l’Ecole Française, s’exprime dans la force du mot « cœur ». Jean Eudes repense la doctrine spirituelle de Bérulle en utilisant ce langage du cœur. Cœur vivant, révélation de l’amour, de la miséricorde, du pardon inconditionnel. En 1672, pour la première fois, Jean Eudes célèbre une fête du Cœur de Jésus à Autun.

Jean Eudes parle aussi du Cœur de Marie, Mère de Jésus, attentif à la Parole, Cœur si uni à celui de son Fils qu’ils ne sont plus qu’un. Marie, première et mère des chrétiens.

Sainte Marie-Euphrasie Pelletier (1796-1868)

Rose-Virginie Pelletier naît en 1796 à Noirmoutier, dans une Vendée bouleversée par la Révolution. Ses parents vivaient à Soullans, village vendéen (85) avant d’être arrêtés en 1794 pour leurs opinions politiques. Emmenés en captivité au château de Noirmoutier, ils furent jugés et acquittés quelques mois plus tard. La famille se fixe alors dans l’île.

Pour Rose-Virginie, petite fille vive et espiègle, Noirmoutier, c’est l’air du large, les jeux dans le Bois de la Chaize, les récits des marins ; c’est encore la droiture, l’ouverture d’esprit et l’attention aux autres des parents Pelletier ; c’est aussi la foi et l’invitation à la prière pour l’Église.

À 14 ans, elle quitte Noirmoutier. Pensionnaire à Tours, loin de chez elle, elle apprend le décès de sa mère et elle fait l’expérience de la souffrance et de la solitude… mais aussi de la tendresse de Dieu. Dès lors, son choix est fait. Elle engagera sa vie dans la vie religieuse pour aider les adolescentes désemparées. À 18 ans, elle entre dans la communauté de Notre-Dame de Charité. Les sœurs y accueillent de jeunes femmes que la vie avait blessées et que la société rejetait. Rose-Virginie se plonge dans la Bible, les écrits de Jean Eudes, fondateur de son Ordre. Elle y retrouve l’écho de sa propre expérience spirituelle.

Dieu t’aime, toi, du même amour et du même cœur qu’Il aime son Fils Jésus !

Ce message va la combler, envahir toute sa vie. Elle entame alors une longue vie religieuse au service et en proximité des jeunes filles qui souffrent.

Marie-Euphrasie a une vision très positive de la personne humaine. Elle croit non seulement dans la dignité absolue de toute personne mais encore dans ses potentialités, sa capacité d’évolution. Cette vision humaniste rejoint sa foi : Le pardon de Dieu est sans restriction, nul n’est jamais trop loin pour Dieu.

Les consignes pédagogiques données aux jeunes sœurs éducatrices reflètent le même esprit :

  • Une tasse de lait chaud donnée à propos fait plus que de longs discours.
  • Evitez de sermonner beaucoup et surtout ne les humiliez jamais, jamais.
  • Relevez-les toujours à leurs propres yeux.
  • Tablez plus sur les encouragements, les récompenses que sur les punitions.
  • Lorsqu’une enfant ne réussit à réciter sa leçon par cœur, prenez-la à part et assurez-vous qu’elle a compris l’essentiel.
  • Rendez-les heureuses. Evitez qu’elles ne s’ennuient. Il vous faudra sans doute passer plus de temps à préparer une bonne récréation qu’un enseignement.
  • Les mauvais traitements, la misère, les souffrances cachées dont on ne peut pas parler construisent peu à peu comme un mur entre la personne et le bien. Et qui peut percer ce mur sinon un amour tendre de charité…

Pour mieux répondre aux besoins de cette société du 19° siècle en pleine évolution, elle ira jusqu’à demander une réforme du gouvernement de sa congrégation et deviendra ainsi, sans l’avoir demandé, le fondatrice de la congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur. À côté des sœurs de vie active, elle fondera des communautés de vie contemplative, enracinées dans la prière. Attentive aux évènements, aux informations reçues, elle enverra des sœurs sur les routes de l’émigration, près des marchés d’esclaves, à l’aide des jeunes détenues… là où la situation des femmes est la plus fragilisée.

Marie-Euphrasie Pelletier fut sans aucun doute une grande fondatrice mais aussi une femme chaleureuse, active, sensible à toute détresse et aux besoins de son époque, passionnée de la Gloire de Dieu, et aimant profondément l’Église.

Elle fut canonisée par Pie XII en 1940.

 

En savoir plus, sur leur spiritualité....

[1] Jean Eudes prêchera plus de 100 missions : 7 ou 8 en Bretagne, 4 en Bourgogne, 3 à Paris, à la Cour…

[2] La Normandie connut des émeutes violentes – appelées la révolte des nu-pieds – durement réprimées en 1639.

[3] L’appellation « Ecole Française de Spiritualité » s’est répandue à partir d’un ouvrage d’Henri Brémond :   Histoire Littéraire du sentiment religieux en France, T 3, Paris, Bloud et Gay 1921.

[4] Préface I de la Messe pour la réconciliation. ‘’Il est juste et bon de te rendre grâce, Dieu très saint, car tu ne cesses de nous appeler à une vie plus belle : toi, Dieu de tendresse et de pitié, sans te lasser tu offres ton pardon et tu invites l’homme pécheur à s’en remettre à ta seule bonté. Bien loin de te résigner à nos ruptures d’alliance, tu as noué entre l’humanité et toi, par ton Fils, Jésus, notre Seigneur, un lien nouveau, si fort que rien ne pourra le défaire’’.