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Le portrait de Soeur Edith, contemplative à la Garenne - Angers

Soeur Edith, qui êtes vous ?

Je suis née en 1934 quai des Carmes à Angers, sixième d'une famille de treize enfants. Ma vocation religieuse m'est venue du témoignage que m'ont donné mes parents ; Papa était visiteur de prison. A Noël, il nous emmenait visiter les familles rue St Nicolas - à l'époque un des quartiers les plus pauvres et mal famés d'Angers. J'ai entendu l'appel de ma vocation à ma communion solennelle lorsque j'ai renouvelé les promesses du baptème. A 19 ans, je suis allée prier à Pontmain, lieu d'apparition de la Vierge, c'est là que j'ai pris la décision d'entrer au Bon Pasteur.

 

Vous n'avez pas toujours été à Angers !

La mission des soeurs du Bon Pasteur est de venir en aide aux femmes et aux enfants en difficulté. Je désirais être contemplative au sein de la congrégation afin de prier pour les jeunes filles qui nous sont confiées et pour les soeurs qui sont près d'elles. Cela m'a été refusée, alors j'ai demandé des missions et je suis partie en 1962 en Algérie où j'ai passé 10 ans près des jeunes mulsumanes et chrétiennes confiées par le tribunal d'enfants.

A la fermeture de notre mission en Algérie - après 100 ans de présence, j'ai rejoint une communauté, sur l'ile de la Réunion,  ouverte deux ans plus tôt où chaque soeur s'occupait de 13 à 15 jeunes filles. Puis je suis allée au Soudan pour travailler dans la prison de femmes d'Ei Obeid, l'ancien marché aux escalves où fut vendue Joséphine Bakhita, la première sainte soudanaise. Dans la prison, les enfants vivaient avec leur maman ; sur la misère naissent parfois de belles histoires, comme celle de Kafi, un des petits garçons qui voulait devenir gardien de prison et qui est aujourd'hui devenu un surveillant plein de compassion.

J'ai été envoyée à Madagascar où j'ai secondé une soeur Sri Lankaise qui fondait un centre pour enfants de la rue ; petite école, un repas par jour et pour les mamans broderie et couture afin de gagner un peu d'argent. Les enfants manquaient souvent le vendredi car les mamans les gardaient pour ramasser les restes sur les marchés afin de les revendre. Certaines maman faisaient les poubelles, elles allaient garder leur place toute la nuit pour être sûres d'être les premières le matin quand les gens vidaient leurs ordures. Un matin nous avons retrouvé deux enfants de notre centre, à côtés de leur maman morte de froid, de fatigue et de faim.

 

Comment passe t-on d'une vie de mission à une vie de contemplation ?

Après 10 ans à Madagascar, j'ai été envoyée à l'Ile Maurice pour aider les enfants et femmes des bidonvilles locaux. Il y avait beaucoup de problèmes de drogue. Nous y allions aussi le soir, à deux soeurs et un prêtre, à la rencontre des prostituées. C'est à Maurice, lors d'une visite de notre conseillère générale, que j'ai pu soumettre mon désir de rejoindre enfin nos soeurs contemplatives... quelques mois plus tard, j'étais à la communauté de St Yrieix en France. Je suis maintenant à Angers dans notre communauté contemplative internationale.

 

C'est quoi être contemplative de N.D. de Charité du Bon Pasteur ?

C'est prier, intercéder pour le monde, pour les femmes et les enfants qui souffrent, qui ont besoin de notre aide et de notre amour et qui sont placés dans nos foyers. C'est prier aussi pour les soeurs apostoliques et missionnaires qui chaque jour travaillent à soulager la douleur des plus faibles, témoignant ainsi de la présence de Dieu au coeur de notre monde. Il y a quelques jours, j'ai eu le bonheur d'aller à Pontmain ; je n'y étais pas retournée depuis cette visite décisive à mes 19 ans. Pour la contemplative que je veux être, le message de la Vierge aux enfants de Pontmain dit tout : "Mais priez mes enfants..; mon fils se laisse toucher."

 

Propos recueillis par Christophe Justeau - Journal "Vieilles rues... Jeune cité" - n°66 - mars 2018.