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Journées Mondiales de la Jeunesse

Les JMJ viennent tout juste de se terminer. Pendant six jours, près de 2 millions de pèlerins se sont rassemblés à Cracovie en Pologne.

Un drapeau italien ceint d'une étoile juive. Des messages en arabe dénonçant les massacres de Daech. Des Sud-Américains agitant des pancartes "Shalom". Et cette sono qui exhorte, encore et encore, les fidèles allongés dans leur sac de couchage : "Accueillez les réfugiés, ceux qui ont besoin d'une maison. N'ayez pas peur…" Plus d'un million de jeunes pèlerins et de catholiques polonais ont veillé hier soir dans l'immense parc Brzegi, à 15 km de Cracovie, avant la traditionnelle messe de clôture des JMJ célébrée par le pape François, dimanche matin. Des Journées mondiales de la jeunesse placées sous le signe de la miséricorde, de l'attachement profond d'un être pour un autre et de Dieu pour l'homme, mais aussi très politique, comme l'a voulu le pape dans chacun de ses messages. "Un cœur miséricordieux s'ouvre pour accueillir les réfugiés et les migrants", a-t-il plaidé dans son discours d'ouverture jeudi. "Nous avons vu la cruauté d'il y a soixante-dix ans, a-t-il poursuivi vendredi à Auschwitz. Aujourd'hui, la même chose arrive dans tant d'endroits où il y a la guerre."

La jeune Lisboète le reconnaît, ces JMJ, ses premières, revêtent une tonalité particulière, à la fois empreintes d'une légèreté propre à la jeunesse, ou l'on danse et l'on chante du matin au soir dans toutes les langues, mais aussi habitées par la gravité face au chaos du monde. Une tour de Babel mobilisée pour le dialogue entre les religions et pour "panser les blessures de la planète, notamment d'un Orient meurtri", précise-t-elle. Une jeunesse brandissant des pancartes "Free Hugs" au son assourdissant des hélicoptères postés au-dessus de la ville, priant au milieu des militaires en faction.

L'assassinat du père Hamel ne quitte pas les esprits

Dans le "Jardin du silence" attenant, les prêtres confessent dans toutes les langues, francais, anglais, italien, polonais… Avec, dans toutes les têtes, l'assassinat du père Hamel, dans un pays hôte où de nombreux prêtres catholiques ont été torturés à mort par le régime communiste, tel le père Jerzy Popieluszko, aumônier de Solidarnosc.

Se rapprocher, c'est aussi le but de l'exposition de photographies consacrée à Jean-Paul II par le Jewish Commmunity Center, assidûment fréquenté par les jeunes pèlerins catholiques. Transformé en ghetto sous le IIIe Reich, le quartier juif de Kazimierz a vu près de 70.000 âmes décimées par l'occupant nazi. Ce vendredi soir, la communauté juive y a célébré le shabbat en dînant au milieu des clichés d'un pape engagé contre l'antisémitisme. Tout un symbole. "La communauté juive de Cracovie, située à quelques dizaines de kilomètres d'Auschwitz, détruite par l'Holocauste, s'est reconstruite petit à petit malgré les années de communisme", réconforte le directeur du centre, Jonathan Ornstein. Preuve que, malgré l'horreur, il y a toujours de la place pour l'espoir.

Le pape François a achevé dimanche sa visite en Pologne par une messe géante célébrée devant au moins 1,5 million de fidèles.

Camille Neveux, envoyée spéciale à Cracovie (Pologne) - Le Journal du Dimanche