Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Menu
  • img_slider_1.png
  • img_slider_2.png
  • img_slider_3.png
  • img_slider_4.png
  • img_slider_5.png

Journées d’étude de l’association des archivistes de l’Eglise de France

Chaque année, un thème sur l’histoire de l’Eglise ou les archives rassemble les archivistes religieux ou laïcs des congrégations et diocèses de France. Ainsi, ces dernières années, des thématiques très diversifiées ont été proposées : les vocations (2017), la Miséricorde (2016) ou encore les reliques (2015).

Cette année, voici le thème qui était à l’honneur : « Dieu et César : l’Eglise de France et les crises politiques de l’époque contemporaine (1790-1970) ».

Il s’agissait d’interroger, de manière chronologique, les rapports entre le religieux et le politique, de la Révolution aux événements de mai 1968. Les 120 participants ont pu écouter aussi bien des réflexions théologiques qu’historiques.

Voici ce qui a retenu l’attention de Sarah, responsable patrimoine à la Maison Mère des soeurs de N.D. de Charité du Bon Pasteur : « Parmi les interventions les plus intéressantes, j’ai retenu celle de Paul Chopelin, professeur à l’université de Lyon III, autour de l’Église de France face à la Révolution française. Il a parcouru la période révolutionnaire en présentant d’abord la situation de l’Église à la veille de la Révolution, lorsqu’un clivage opposait haut et bas clergé, puis en exposant les différentes mesures religieuses qui ont conduit à une aggravation des tensions pour montrer que la crise religieuse a nourri la crise politique des années 1792-1794. Christian Sorrel s’est quant à lui attaché à expliquer le « moment 1905 », à savoir les lois de Séparation de l’Église et de l’État. Une période en général bien connue des archivistes mais dont les enjeux et conséquences méritent d’être mis en avant ainsi que l’a fait M. Sorrel. Ces deux riches éclairages ont permis d’aborder deux périodes complexes dont des traces peuvent se trouver dans les archives religieuses. »

Sibylle, archiviste de la Province BFMN de la congrégation, a elle aussi apprécié l’intervention de Christian Sorrel : « Au-delà du rappel de la loi et de son contexte, effectivement bien connus des archivistes, comme le souligne Sarah, M. Sorrel a mis en avant une thèse qui m’a parue originale : la crise de 1905 est en même temps une sortie de crise. En effet, l’Etat a reculé sur un certain nombre de points et la loi de 1905 n’a jamais été appliquée, mais amendée par les lois de 1907 et 1908. Un autre moment intéressant de ces journées fut la projection du témoignage de Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens, sur son vécu des événements de mai 1968. Il était alors professeur au séminaire d’Arras et a dû gérer les réactions et velléités des jeunes séminaristes. Le côté jovial de Mgr Noyer a plu à l’assemblée, composée de nombreux religieux et religieuses ayant vécu cette période et nous a permis de poursuivre les discussions autour du repas. »

Pour Yann, archiviste à Cormelles le Royal les thématiques liées au XXe siècle ont retenu particulièrement son attention : « Monsieur Bethouart est intervenu sur les positions de l’épiscopat français au cours des Années noires (1940-1944), expliquant notamment que beaucoup d’évêques ont apporté un soutien initial, et pour certains fidèle, à Philippe Pétain du fait de leurs engagements comme militaires au cours de la Première Guerre mondiale et des liens créés avec l’artisan de la victoire française à Verdun en 1916. Dans une autre temporalité – les années 1960 et 1970 – Monsieur Tranvouez a mis en exergue l’engagement progressif de chrétiens en politique, à gauche, à la suite des événements de l’année 1968 et des conséquences qui en ont découlé. Il a expliqué notamment comment, d’un engagement porté par la foi et les valeurs qui s’y rattachent, ont découlé des réflexions et une recherche d’association entre foi et politique qui ont mené à un décalage, puis une rupture, avec les autorités ecclésiastiques, au point que le militantisme a écarté progressivement la foi. »

Ces journées sont aussi l’occasion de renouveler la confiance envers l'association et de  d'aborder certains travaux spécifiques.

 

Crédit photo : Magali Devif